un hymne humaniste
et patriote
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"Un pays uni rien ne lui résiste" (F. Bayrou)
Vign_ruepavoisee
La rue pavoisée (Raoul Dufy,1906)
Le chant de Henri IV
   composé vers 1600
  après l'édit de Nantes
contre la guerre de religion
       puis vers 1774
 pour une réconciliation

       
Vive Henri IV
    
Vive ce roi vaillant
     Ce diable à quatre
      A le triple talent
    De boire et de battre
  Et d'être un vers galant

   
  Au diable guerres
      Rancunes et partis
      Comme nos pères
   Chantons en vrais amis
     Au choc des verres
     Les roses et les lys


   
Chantons l'ancienne
Qu'on chant'ra dans 1000 a
    Que Dieu maintienne
  En paix ses descendants
  Jusqu'à ce qu'on prenne
   La lune avec les dents

        Vive la France
      Vive le roi Henri
    Qu'à Reims on danse
 En disant comme Paris
        Vive la France
      Vive le roi Henri
Vign_republique
La République (Sébastien Cornu, 1848)
Plein de refrains...

3 versions maçonniques :

Et reprenant leurs droits,
la douce charité, la vérité
affranchiront
du joug l'humanité

Aux armes, apprentis
maîtres et compagnons !
Chargeons ! chargeons !
qu'un feu d'enfer
tonne dans nos canons !

Aux armes, citoyens !
déchargez vos canons !
Tirez ! tirez à la santé
de tous les vrais maçons !

la Marseillaise de la Commune :

Chantons la liberté
défendons la cité !
Marchons !
marchons sans souverain !
le peuple aura du pain !

la Marseillaise des Blancs :

Aux armes, vendéens !
formez vos bataillons !
Marchez ! marchez !
le sang des Bleus
rougira nos sillons !

les Carmélites de Compiègne :

Ranimons notre ardeur !
nos corps sont au Seigneur.
Montons ! montons
à l'échafaud
et Dieu sera vainqueur !

La Marseillaise catholique :

Debout, amis chrétiens !
voici le rédempteur !
Marchons !
suivons le Sacré-Coeur !
c'est lui notre sauveur !

Philippe Dac :

Ensemble, citoyens,
la paix nous gagnerons.
Marchons ! marchons !
que la justice
unisse la nation !

Paul Robin :

Plus d'armes, citoyens !
rompez vos bataillons !
Chantez, chantons,
et que la paix
féconde nos sillons !
   
Edith de Chalon :

Nous sommes les rayons
d'un éternel soleil :
La liberté,
l'égalité
et la fraternité.

Christian Guillet :

L'espoir, ô citoyens,
sera notre bastion.
Marchons, marchons
vers l'avenir
en paix de la nation.

Graeme Allwright :

La flamme qui nous éclaire
traverse les frontières
partons partons
amis solidaires
marchons vers la lumière

Muse Dalbray :

Moins d'armes, citoyens
et moins de bataillons !
chantons, chantons
notre coeur pur
dans toutes les nations.

Pierre Weil :

Vivons la liberté
Et la fraternité
Chantons, dansons,
D'un seul élan
Vibrons à l'unisson

Pierre Ménager :

Hourra ! voici l'espoir
Le chant de la victoire.
Marchons ! marchons !
la liberté
éclaire le monde entier.

Olga Behar :

Sans arme, citoyens,
rompons les bataillons,
Marchons, marchons,
que les coeurs purs
nous montrent l'horizon.

André Breton :

Courage, citoyens !
formons notre avenir !
Cherchons ! cherchons !
que nos espoirs
conduisent nos sillons !

Yvonne Androuin :

Amis, unissons-nous !
que règnent parmi nous
la liberté, l'égalité
dans la fraternité.

Pascal Lefèvre :

Nos âmes, citoyen,
forment et font la nation.
Marchons ! marchons !
qu'un sang d'azur
abreuve nos sillons !

Camille Naudin :

Debout ! l'heure est venue,
à chaque travailleur
le pain, le pain
qu'il a gagné,
qu'importe sa couleur.

Ludmila Lobstein :

Au travail, citoyens !
traçons notre sillon !
Marchons ! marchons !
qu'un air plus pur
emplisse nos poumons !

Corinne Mariennau :

Aux âmes, citoyens !
formons nos intentions !
Pensons ! pensons !
qu'un sang plus pur
abreuve nos poumons !

Ghislaine :

Marchons main dans la main,
Chantons, faisons le bien
et bâtissons avec entrain
Le monde de demain

Daniel Pasquier :

Plus d'armes, citoyens !
rompez vos bataillons !
Dansons, chantons
d'une vois pure
nos coeurs à l'unisson !

Annie Loyau :

En avant, citoyens !
redressez-vous enfin !
Marchons ! marchons,
main dans la main,
aujourd'hui et demain.

Guito'b Joseph

Plus d'armes, citoyens !
rompez vos bataillons !
Marchons ! marchons !
main dans la main
ensemble nous le pouvons.

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Suite des commentaires sur une éventuelle modification de la Marseillaise, extraits du livre de Jean Toulat Pour une Marseillaise de la fraternité :

Philippe Seguin
"Je comprends les raisons qui peuvent plaider en faveur d'une modification. Pour autant, mon souci d'authenticité l'emporte sur toute autre conviction. C'est sur ces paroles que nos ancêtres ont exalté et défendu la liberté. Elles gardent donc à mes oreilles une signification qui vaut par le rappel implicite de leur contexte. En chantant et en disant : "Aux armes citoyens", je n'appelle évidemment personne à prendre les armes. Je célèbre plutôt un culte à des principes et à leurs défenseurs en prononçant des paroles qui ont une valeur quasi sacramentelle. Le prêtre n'est-il pas dans une situation analogue lorsqu'il prononce certaines formules transmises de siècle en siècle ? Pourquoi refuser au citoyen ce qu'on lui accorde ?"

François Léotard
"Je n'ignore pas comment certaines formules farouches de la Marseillaise peuvent choquer l'esprit du temps. Pourtant je ne souhaite pas que l'on change la moindre formule, fusse une virgule, à notre hymne. Pour moi, la Marseillaise est une sorte de monument historique. Toute restauration ne peut se faire qu'à l'identique. S'il y a transformation, c'est du Viollet-Le-Duc, et rares sont les monuments qui y survivent. Il ne me déplaît pas, par ailleurs, que ce chant, dans ses vers abrupts, nous rappelle combien la frontière est fragile entre la recherche de la liberté et le basculement dans la violence. La révolution est un bloc ; elle a été violence et elle a été liberté. Une actualisation des paroles de la Marseillaise gommerait l'histoire. Faut-il réécrire Shakespeare parce que ses pièces contiennent des notations antisémites ? Faut-il se priver des interprétations de Karajan puisqu'il dirigea devant Hitler ? Je préfère ne pas entrer dans un engrenage orwellien. Il y a peut-être lieu de trouver un nouvel hymne pour notre époque, mais alors que ce soit quelque chose d'entièrement nouveau, parole et musique, et non quelque raccommodage."

Georges Marchais
"Il va de soi que la musique comme les paroles de la Marseillaise ne sont pas étrangères à l'époque et aux combat qui l'ont vu naître. N'en va-t-il pas ainsi pour toute oeuvre humaine ? Pour autant, cet aspect des choses est loin d'épuiser la question. La Révolution française - et donc la Marseillaise, comme le drapeau tricolore, qui en sont issus - revêt en effet une portée qui dépasse largement les années de son déroulement effectif. Liberté, égalité, fraternité, ces trois grandes valeurs humaines que notre peuple proclama à la face du monde, conservent toute leur portée civilisatrice et humaine. C'est aux cris de "vive la Nation" et en chantant la Marseillaise que fut remportée la bataille de Valmy en 1792. L'affirmation du droit des peuples à leur souveraineté a marqué notre siècle et, deux cents ans après, la volonté d'indépendance nationale conserve toute sa valeur. J'ajoute que la Marseillaise a acquis au fil des ans une dimension de symbole qui dépasse largement nos frontières ; bien des peuples l'ont chantée en accomplissant leur propre révolution.
Bien entendu, cette position ne signifie pas que l'histoire s'est arrêtée. Des aspirations nouvelles s'affirment aujourd'hui. rien n'interdit - et d'ailleurs beaucoup s'y emploient - d'en faire des paroles et des musiques inédites. Mais de là à instaurer un hymne national nouveau, non, je ne pense pas que cela soit juste. D'ailleurs, il ne viendrait à personne l'idée de changer le 14 jullet, la prise de la Bastille, comme fête nationale, sous prétexte que le canon tonna alors, et que bien des gens - et sans-doute vous comme moi - souhaitent et oeuvrent pour un monde sans guerre et sans armes. Alors des chansons nouvelles, oui. Mais modifier notre hymne national, non."

Général Massu
"Nous sommes habitués à la Marseillaise telle qu'elle est et nous n'avons d'ailleurs pas apprécié le changement de rythme que lui avait fait subir M. Giscard d'Estaing. Quant aux paroles, elles révèlent une certaine époque, différente de la nôtre. On ne connaît et ne chante guère que le premier et les deux derniers couplets - on en sourit parfois. Le total fait partie de l'histoire de France, puisqu'à l'origine, c'était le chant de guerre pour l'armée du Rhin. si vous voulez faire un chant de paix, libre à vous, mais ne volez pas sa musique à Rouget de Lisle."

Bernard Pons
"Le changement des paroles ne saurait être envisagé concernant l'hymne national de la France. Ce chant, que nous avons hérité d'une grande période de notre histoire, constitue en effet à mes yeux un témoignage inaltérable de l'attachement de nos compatriotes à leur patrie et de l'adhésion de tous à une haute idée de l'identité nationale."

Jeannie Longo
"Je connais très mal les paroles de la Marseillaise. Elles me semblent toutefois trop violentes et guerrières. Je souhaiterais qu'elles reflètent davantage le sens de l'honneur, la fierté dans la grandeur de l'action de la patrie. C'est ce que je ressens sur le podium."

Paul-Emile Victor
Il faut garder la musique de la Marseillaise, qui est magnifique et connue dans le monde entier. Pour le texte, il faudrait une seule strophe : de belles paroles pacifiques qui aient une portée mondiale. La première initiative à prendre serait donc un concours pour cette strophe, pour ces paroles."

Michel Serres
"Ces paroles ignobles de la Marseillaise où on parle du sang impur de nos ennemis, qui est un mot d'un racisme tel qu'on devrait avoir honte de l'enseigner aux enfants... j'aurais honte de l'enseigner à mes étudiants, ils ont tous un sang pur et l'impureté est quelque chose qui me fait horreur."

Bernard Stasi
"Je souhaite vivement que les paroles de la Marseillaise soient changées. L'hymne national d'un pays comme la France doit exprimer des sentiments de fraternité universelle et ne doit pas être porteur d'un discours nationaliste, belliqueux et xénophobe, comme celui qui s'exprime à travers les couplets d'origine."

Martin Gray
"Il m'est évidemment impossible de trouver exaltant le texte de la Marseillaise, alors que cet hymne n'est qu'un chant d'exaltation guerrière, créé en vue de galvaniser une population aux abois. Les paroles ne correspondent absolument plus au contexte de notre époque. Leur violence est d'ailleurs en parfaite opposition avec l'esprit généreux de la nation française d'aujourd'hui.
Je souhaite donc que ce texte soit changé. Il devrait refléter, non plus la haine d'un conflit ponctuel, mais l'espoir d'une immortelle harmonie, comme un flambeau de lumière que porteraient les prochaines générations."

Benoîte Groult
"Ce que je pense de la Marseillaise ? J'en apprécie beaucoup la musique. Certaines strophes, il est vrai, sont inacceptables et ridicules. Mais notre hymne national étant trop long, on pourrait se contenter de la première strophe (en remaniant les trois derniers versets : ceux de l'égorgement) et des deux dernières, qui sont lyriques, comme doit l'être un chant patriotique. Les enfants l'apprendraient plus facilement. Mais il faut se méfier des remakes. On a tué la magie de bien des cantiques en renonçant au latin, en les transcrivant en français moyen. Comment d'ailleurs modifier les paroles ? Il faudrait ressusciter Victor Hugo ou Claudel."

Danielle Mitterrand
"Il est vrai que les paroles de notre hymne national sont très guerrières et qu'elles peuvent choquer les esprits pacifiques, parmi lesquelles je me compte. il est vrai aussi qu'il fait partie de notre histoire et fut composé àune époque où les français devaient défendre nos frontières. Qui aurait pu penser à l'Europe en ce temps-là... Je ne rédigerai pas de texte, car je ne peux argumenter à la fois le pour et le contre."
La Marseillaise

La version complète : 15 couplets
en sombre une version longue possible

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé !
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans nos bras
Egorger nos fils, nos compagnes !

Aux armes, citoyens !
formez vos bataillons !
Marchons ! marchons !
qu'un sang impur
abreuve nos sillons !

Que veut cette horde d'esclaves
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ?
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers !
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient !
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

Tremblez, tyrans et vous perfides,
L'opprobre de tous les partis !
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix !
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

Français en guerriers magnanimes,
portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s'armant contre nous.
Mais ces despotes sanguinaires,
mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui sans pitié
Déchirent le sein de leur mère !

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
Liberté, Liberté chérie
Combats avec tes défenseurs !
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire.


Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus ;
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus.
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre.

Dieu de clémence et de justice,
Vois nos tyrans , juge nos coeurs !
Que ta bonté nous soit propice,
Défends-nous de nos oppresseurs !
Tu règnes au ciel et sur terre
Et devant toi tout doit fléchir ;
De ton bras vient nous soutenir
Toi grand Dieu, maître du tonnerre.

Peuples français, connais ta gloire ;
Couronné par l'égalité,
Quel triomphe, quelle victoire
D'avoir conquis la liberté !
Le Dieu qui lance le tonnerre
et qui commande aux éléments,
Pour exterminer les tyrans,
Se sert de ton bras sur la terre.

Nous avons de la tyrannie
Repoussé les derniers efforts ;
De nos climats elle est bannie,
Chez les français les rois sont morts.
Vive à jamais la République !
Anathème à la royauté !
Que ce refrain partout porté
Brave des rois la politique.

La France que l'Europe admire
A reconquis la liberté,
Et chaque citoyen respire
Sous les lois de l'égalité.
Un jour son image chérie
S'étendra sur tout l'univers ;
Peuples, vous briserez vos fers
Et vous aurez une patrie.

Foulant au pied les droits de l'Homme
Les soldatesques légions
Des premiers habitants de Rome
Asservirent les nations.
Un projet plus grand et plus sage
Nous engage dans les combats
Et le français n'arme son bras
Que pour détruire l'esclavage.


Oui ! déjà d'insolents despotes
Et la bande des émigrés
Faisant la guerre aux sans-culottes
Par nos armes sont altérés ;
Vainement leur espoir se fonde
Sur le fanatisme irrité,
Le signe de la liberté
Fera bientôt le tour du monde.

O vous que la gloire environne !
Citoyens, illustres guerriers,
Craignez, dans les champs de Bellone,
Craignez de flétrir vos lauriers !
Aux noirs soupçons inaccessibles
Envers vos chefs, vos généraux,
Ne quittez jamais vos drapeaux
Et vous resterez invincibles !

Enfants, que l'Honneur, la Patrie
Fassent l'objet de tous nos voeux !
Ayons toujours l'âme nourrie
Des feux qu'ils inspirent tous deux !
Soyons unis ! tout est possible ;
Nos vils ennemis tomberont,
Alors les français cesseront
De chanter ce refrain terrible.

La Républicaine

les v. de Philippe Dac (3), Paul Robin (5), Muse Dalbray (3) et Edith de Chalon (4)

Allons enfants de la patrie,
Le jour de gloire est arrivé.
Contre toutes les tyrannies,
L'étendard de France est levé.
Entendez-vous dans notre histoire
L'appel à la fraternité,
La liberté, l'égalité
Résonner autant que nos victoires ?

Ensemble, citoyens,
la paix nous gagnerons.
Marchons ! marchons !
qu'un chant nouveau
unisse la nation !

Amour sacré de toute vie,
Conduis, soutiens nos bras, nos coeurs !
Liberté, liberté chérie,
Avec nous combats le malheur !
Aux prisonniers de la misère
Rendons une vraie dignité,
Un toit, du pain et un métier
A tout homme ou femme sur la terre !

Entraîne-nous, ô douce France,
A faire aimer, à respecter
Droits et devoirs de toute enfance
Qui grandit vers la liberté.
Et notre plus grande prouesse
Soit vivre, aimer, inventer
Ce monde toujours à changer
Que réclame tant notre jeunesse.

De l'universelle patrie
Puisse venir le jour rêvé ;
De la paix, de la paix chérie
Le rameau sauveur est levé.
On entendra vers les frontières
Les peuples se tendant les bras
Crier : il n'est plus de soldats !
Soyons-unis, nous sommes frères.

Quoi ! d'éternelles représailles
Tiendraient en suspens notre sort !
Quoi ! toujours d'horribles batailles
Le pillage, le feu et la mort !
C'est trop de siècles de souffrances
De haine et de sang répandu !
Humains, quand nous l'aurons voulu
Sonnera notre délivrance !

Plus de fusils, plus de cartouches,
Engins maudits et destructeurs !
Plus de cris, plus de chants farouches
Outrageants et provocateurs !
Pour les penseurs, quelle victoire
De montrer à l'humanité,
De la guerre l'atrocité
Sous l'éclat d'une fausse gloire !

Debout, pacifiques cohortes,
Hommes des champs et des cités !
Avec transports ouvrez vos portes
Aux trésors, fruits des libertés !
Que le fer déchire la
terre,
Et pour ce combat tout d'amour,
En nobles outils de labour
Reforgeons les armes de guerre !


En traits de feu partout lancée
Artistes, poètes, savants,
Répandez partout la pensée,
L'avenir vous voit triomphants !
Allez ! brisez le vieux servage !
Inspirez-nous l'effort vainqueur !
Pour la conquête du bonheur
Ce sont les lauriers de notre âge.

Allons enfants de nos patries,
l'espoir de paix est arrivé.
Contre toutes les tyrannies,
Nos étendards vont se lever !
Et voyez-vous dans nos campagnes
La jeunesse du bon combat
Qui partout nous ouvre les bras
Nos compagnons et nos compagnes ?

Amour sacré de nos patries
Qui sont uniques et qui sont soeurs,
Liberté, liberté chérie,
L'Europe est ton seul défenseur.
Sous nos drapeaux que la victoire
Couronne nos plus beaux accents,
Que les peuples fraternisant
Voient ton triomphe et notre gloire.


Quand nos aînés, las de leurs guerres,
Assagis, ne se battront plus,
Nous abolirons les frontières
Et retrouverons la vertu.
Ainsi, tous nous pourrons survivre,
Finis les "20 ans" au cercueil !
Car la paix sera notre orgueil.
C'est elle que nous devons suivre.

A
llons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé.
Que notre nation soit unie,
Qu'elle ait bonheur, prospérité.
France, tes si beaux paysages
Et ta langue à travers les âges
Sont notre joie, notre fierté ;
Ta belle devise est sacré
e.

Amour sacré de la patrie,
Ouvre nos bras, ouvre nos coeurs !
Liberté, liberté chérie,
Nous sommes tous tes défenseurs.
Nous voulons ranimer la flamme
Avec notre esprit et notre âme.
Célébrons la paix, la victoire !
Chantons la grandeur de notre histoire !

D'Europe et de francophonie
Enfants de Méditerranée,
Différents dans la France unie,
Marianne est notre soeur aînée.
Guidés par la même lumière
Nous partageons la même terre.
De nos valeurs, nous somme fiers.
Oui, nous sommes vraiment tous des frères.

Que vienne la paix sur le monde entier
Dans le respect et l'amitié.
Que les hommes soient solidaires,

Qu'ils triomphent de la misère.
Que nul ne tombe, nul ne succombe.
Donnons sa chance à la colombe.
Et dans le doux pays de France
Naîtra la paix et l'espérance.

 
Vign_delacroix
La liberté guidant le peuple (Eugène Delacroix, 1830)
Une Marseillaise des Francs-maçons

chanté à l'Orient de Toulouse en 1792

Allons enfants de la lumière,
Poursuivons ces nobles travaux ;
Laissons le stupide vulgaire
Languir dans un triste repos.
Pour nous qu'un utile mystère
protège en cet heureux séjour,
Nous bâtissons plus en un jour
Qu'un profane en sa vie entière.

Aux armes, apprentis,
maîtres et compagnons !
Chargeons ! chargeons !
qu'un feu d'enfer
tonne dans nos canons !

C'est parmi vous, c'est dans vos temples
Qu'on vit naître la liberté ;
C'est par vos vertueux exemples
que l'on connut l'égalité.
Nous sommes de la république
Les plus solides défenseurs ;
Les maçons portent dans leurs coeurs
Un foyer brûlant et civique.

Déjà sur nos succès, mes frères,
Tout l'univers fixe les yeux ;
Devant le toit d'une chaumière
S'écroule un palais orgueilleux.
Notre douce philosophie
Partout a donné le signal ;
Nos mains placèrent le fanal
Dont l'éclat guida la patrie.

Dans la paix et le silence,
Notre art conserva sa vigueur ;
C'est pour le bonheur de la France
Qu'il sut triompher de l'erreur.
Comme on vit ces vierges à Rome
Entretenir le feu sacré,
De même on l'a vu consacré
A la garde des droits de l'homme.

La république universelle
N'est que le temple des maçons ;
Ils en ont tracé le modèle
Dans leurs symboliques leçons.
Comment ces colonnes brillantes
Craindraient-elles de s'écrouler,
Quels coups les feraient chanceler,
Sur des bases aussi puissantes ?

De l'un et l'autre hémisphère
Bientôt disparaîtront les rois ;
L'espèce humaine toute entière
Ne veut pour maître que les lois.
Ainsi notre cher vénérable
Ici fait régner nos statuts,
Et l'exemple de ses vertus
Rend l'obéissance agréable.

La Marseillaise de la Commune

de Mme Jules Faure en 1871

Français, ne soyons plus esclaves !
sous le drapeau, rallions-nous,
Sous nos pas, brisons les entraves !
Quatre-vingt-neuf, réveillez-vous !
Frappons du dernier anathème
Ceux qui par stupide orgueil
Ont ouvert le sombre cercueil
De nos frères morts sans emblème.

Chantons la liberté !
Défendons la cité !
Marchons !
marchons sans souverain !
Le peuple aura du pain.

Depuis vingt ans que tu sommeilles,
Peuple français, réveille-toi,
L'heure qui sonne à tes oreilles,
C'est l'heure du salut pour toi.
Peuple, debout ! que la victoire
Guide au combat tes fiers guerriers,
Rends à la France ses lauriers
Son rang et son antique gloire.

Les voyez-vous ces mille braves
Marcher à l'immortalité,
Le maître a vendu ses esclaves,
Et nous chantons la liberté.
Non, plus de rois, plus de couronnes,
Assez de sang, assez de deuil,
Que l'oubli dans son froid linceul
Enveloppe sceptres et trônes.

Plus de sanglots dans les chaumières
Quand le conscrit part du foyer ;
Laissez, laissez les pauvres mères
Près de leurs fils s'agenouiller.
Progrès, que ta vive lumière
Descende sur tous nos enfants,
Que l'homme soit libre en ses champs,
Que l'impôt ne soit plus barrière.

N'exaltez plus vos lois nouvelles,
Le peuple est sourd à vos accents,
Assez de phrases solennelles,
Assez de mots vides de sens.
Français, la plus belle victoire,
C'est la conquête de tes droits,
Ce sont là tes plus beaux exploits
Que puisse enregistrer l'histoire.

Peuple, que l'honneur soit ton guide,
Que la justice soit tes lois,
Que l'ouvrier ne soit plus avide
Du manteau qui couvrait nos rois.
Que du sien de la nuit profonde
Où l'enchaînait la royauté,
Le flambeau de la liberté
S'élève et brille sur le monde !

La Marseillaise de Grétry en 1792

Liège, lève ta tête altière
Déjà j'apperçois tes vengeurs :
Bientôt du tyran sanguinaire
Cesseront les lâches fureurs ;
Bientôt nous verrons dans nos plaines
L'étendard de la liberté
Ramenant la félicité,
Bannir les hordes inhumaines.

Trop longtemps un monstre sauvage
A souri sur nos longs malheurs ;
Trop longtemps un dur esclavage
Nous a fait répandre des pleurs.
Il arrive ce jour prospère
Où les fiers ennemis des rois
Nous feront partager les lois
Que repousse un bras téméraire.

Tu vois jaillir cette lumière
Qui doit éclairer l'univers,
O France ! de la terre entière
Hâtez-vous de briser les fers !
De l'homme soyez la patrie,
Et s'il reste encore des tyrans,
Qu'ils éprouvent tous les tourments
Qu'a causé leur rage ennemie !

La Parisienne de C. Delavigne (1830)

Peuple français, peuple de braves,
La liberté rouvre ses bras.
On nous disait : soyons esclaves.
Nous avons dit : soyons soldats.
Serrez vos rangs, qu'on se souvienne !
Marchons ! chaque enfant de Paris
De sa cartouche citoyenne
Fait une offrande à son pays.

La mitraille en vain nous dévore,
Elle enfante des combattants ;
Sous les boulets voyez éclore
Ces vieux généraux de vingt ans.
Pour briser leurs masses profondes,
Qui conduit nos drapeaux sanglants ?
C'est la liberté des deux mondes,
C'est Lafayette en cheveux blancs.

Les trois couleurs sont revenus,
Et la colonne, avec fierté,
Fait briller à travers les nues
L'arc-en-ciel de sa liberté.
Tambours, du convoi de nos frères,
Roulez le funèbre signal ;
Et nous, de lauriers populaires
Chargeons leur cercueil triomphal.

La Marseillaise des Blancs (1793)

Allons armées catholiques
Le jour de gloire est arrivé !
contre nous de la république
L'étendard sanglant est levé !
Entendez-vous dans nos campagnes
Les cris impurs des scélérats ?
Ils viennent jusque dans nos bras
Prendre nos filles et nos femmes !

Aux armes, vendéens !
formez vos bataillons !
Marchez ! marchez !
le sang des bleus
rougira nos sillons !

Quoi ! des infâmes hérétiques
Feraient la loi dans nos foyers ?
Quoi ! des muscardins de boutiques
Nous écraseraient sous leurs pieds ?
Et le tyran abominable
Infâme suppôt du démon
S'installerait en la maison
De notre Jésus adorable !

Tremblez pervers et vous timides,
La bourrée des deux partis.
Tremblez, vos intrigues perfides
Vont enfin recevoir leur prix.
Tout est levé pour vous combattre
De saint Jean d'Monts à Beaupréau,
D'Angers à la ville d'Airvault,
Nos gars ne veulent que se battre.

Chrétiens, vrais fils de l'Eglise,
Séparez de vos ennemis
La faiblesse à la peur soumise
Que vous verrez en pays conquis.
Mais ces citoyens sanguinaires
Mais les adhérents de Camus
Ces prêtres jureurs et intrus
Cause de toutes nos misères.

O sainte vierge Marie
Conduis, soutien nos bras vengeurs !
Contre une séquelle ennemie
Combats avec tes zélateurs !
A vos étendards la victoire
Est promise assurément.
Que le régicide expirant
Voie ton triomphe et notre gloire !

La Franceillaise d'André Breton

Allons enfants de la patrie,
Le jour d'y croire est arrivé !
De notre grande Europe amie
L'étendard rassemblant est levé.
Et dans les villes et les campagnes,
unies dans leur diversité,
Va fleurir la fraternité !
Regardez ! tout le monde y gagne !

Courage, citoyens !
formons notre avenir !
Cherchons ! cherchons !
que nos espoirs
conduisent nos sillons !

Honneur sacré de la patrie,
Chasse la misère et ses rancoeurs !
Liberté, liberté chérie,
Relie les mains, relie les coeurs !
Egalité, fraternité,
Chantez votre joli message !
Que partout la joie du partage
Illumine la société !

Allons joli pays de France,
Regarde écoute tes amis !
Donne à chacun toute sa chance
A vivre fièrement sa vie !
Et tous ensemble solidaires
Nous unirons nos compétences
le respect et la bienveillance
Pour le bien de la France entière !

Société, ouvre tes barrières !
Et partout fais toi solidaire !

Semons en l'art et la manière
Tous aussi bien, tous aussi fiers !
Ami, viens et dis toi bien !
Nous créerons un monde meilleur,
Quand chacun mettra tout son coeur
A y vivre en bon citoyen.

Citoyenne ou citoyen,
Dis-toi bien comme ça serait bien !
Si l'on s'y met tous plein d'entrain !
Oui, tous ensemble plein d'entrain
Et contre la précarité
Nous formerons le joli train
Le joli train de l'amitié
Que tout le monde s'y engage !
Le Réveil du peuple contre la Terreur

Ecrit en 1794 ce chant est une protestation contre la terreur révolutionnaire et s'oppose à la Marseillaise. Il fut extrêmement populaire aussi bien chez les royalistes que chez les anti-jacobins.

Peuple français, peuple de frères,
Peux-tu voir sans frémir d'horreur
Le crime arborer les bannières
Du carnage et de la terreur ?
Tu souffres qu'une horde atroce
Et d'assassins et de brigands
Souille par son souffle féroce
Le territoire des vivants.

Ah ! qu'ils périssent ces infâmes,
Et ces égorgeurs dévorants,
Qui portent au fond de leurs âmes
Le crime et l'amour des tyrans !
Mânes plaintifs de l'innocence,
Apaisez-vous dans vos tombeaux ;
Le jour tardif de la vengeance
Fait enfin pâlir vos bourreaux.

Voyez déjà comme ils frémissent ;
Ils n'osent fuir, les scélérats !
Les traces de sang qu'ils vomissent
Décèleraient bientôt leurs pas.
Oui nous jurons sur votre tombe,
Par notre pays malheureux,
De ne faire qu'une hécatombe
De ces cannibales affreux.

Représentants d'un peuple juste,
O vous ! législateurs humains
De qui la contenance auguste
Fait trembler nos vils assassins,
Suivez le cours de votre gloire ;
Vos noms chers à l'humanité,
Volent au temple de mémoire,
Au sein de l'immortalité.

La Républicaine de Christian Guillet

Allons enfants de la patrie
Les jours d'espoir sont arrivés.
Contre toutes les tyrannies,
L'étendard de France est levé.
Entendons-nous avec nos frères
De toutes les autres nations
Afin qu'ensemble nous voyions
S'éloigner le spectre de la guerre.

L'espoir, ô citoyens,
sera notre bastion !
Marchons !
marchons vers l'avenir
en paix de la nation !

Amour sacré de la patrie
Conduis-nous vers notre destin.
Liberté, liberté chérie,
Grandis la bannière à la main,
Et donne aux peuples de la terre
Le bel espoir de découvrir
Que la liberté peut offrir
De vivre comme chacun l'espère.

Nous vivrons en égalité,
Sans distinctions et sans mépris.
Pour les droits de l'homme et la vie
L'étendard de France est levé.
Nous partagerons à la ronde
L'idée de la démocratie,
Par cette égalité d'esprit
Nous construirons un vrai nouveau monde.

Bâtissons la fraternité
Pour les enfants de tous les âges.
Qu'ils reçoivent ce bel héritage.
Le drapeau de France est levé,
Pour que nos villes et nos campagnes
Prospèrent dans la fraternité,
Chacun pouvant y travailler
Des vallées jusque sur les montagnes.

Celle des Carmélites de Compiègne

guillotinées le 17 juillet 1794

Livrons nos coeurs à l'allégresse
Le jour de gloire est arrivé.
Loin de nous la moindre faiblesse
Voyant le glaive s'approcher
Le glaive sanglant est levé !
Préparons-nous à la victoire
Sous les drapeaux d'un Dieu mourant
Que chacun marche en conquérant ;
Courons, volons tous à la gloire !

Ranimons notre ardeur !
Nos corps sont au Seigneur
Montons, montons à l'échafaud
et Dieu sera vainqueur !

Celle de Ludmila Lobstein (1920-1997)

née pendant l'exil de Russie en 1920

Allons enfants de la patrie
Le jour de gloire est arrivé
Liberté, liberté chérie,
Ton soleil enfin s'est levé.
Entendez-vous dans les campagnes
Retentir ces joyeux éclats,
Ce sont les ris et la vivats
De nos fils et de nos compagnes.

Au travail citoyens,
traçons notre sillon.
Marchons, marchons
qu'un air plus pur
emplisse nos poumons !

Le Chant du départ (M.-J. Chénier)
La victoire en chantant
nous ouvre la barrière.
La liberté guide nos pas.
Et du nord au midi
la trompette guerrière
A sonné l'heure des combats.
Tremblez, ennemis de la France,
Rois ivres de sang et d'orgueil !
Le peuple souverain s'avance.
Tyrans, descendez au cercueil !

La république nous appelle.
Sachons vaincre ou sachons périr.
Un français doit vivre pour elle ;
Pour elle un français doit mourir.
La Marseillaise de Graeme Allwright
Pour tous les enfants de la terre,
Chantons amour et liberté !
Contre toutes les haines et les guerres,
L'étendard d'espoir est levé,
L'étendard de justice et de paix.
Rassemblons nos forces notre courage
Pour vaincre la misère et la peur.
Que règnent au fond de nos coeurs
L'amitié, la joie et le partage !

La flamme qui nous éclaire
Traverse les frontières.
Partons ! partons !
amis, solidaires,
Marchons vers la lumière !
La Républicaine de Pierre Dupont 1848

La République, cette reine
Qui donne des leçons aux rois,
En trois tours d'horloge a sans peine
Ressuscité tous nos vieux droits.
On se battait pour des réformes,
Pour des semblants de liberté ;
Elle a brisé les vaines formes
Et rétabli son unité.

Que la terre entonne un cantique !
Gloire au peuple, joie en tout lieu !
Jurons par l'eau, l'air et le feu
De conserver cette relique :
La république vient de Dieu,
Vive la république !

Un roi sorti des barricades,
Par un fourbe austère abrité,
Osait de leurs folles bravades
Menacer le peuple irrité :
Cette mer est notre domaine
Et ces flots mouvants nos sujets,
Disaient-ils d'une voix hautaine,
Le peuple a brisé leurs projets.

Des enfants qui pouvaient à peine
Lever les moellons à deux mains
Ont dépavé sans peur ni haine,
Et sans souci des lendemains ;
Des hommes qui ne savaient guère
Ce que disaient les beaux parleurs,
Ont cimenté toutes ces pierres
Avec leur sang et leur sueur.

Tuez le peuple ! allez mes braves !
Mais ce sont vos frères, voyez !
Comme eux vous êtes des esclaves ;
Les soldats s'étaient fourvoyés,
Mais ils sont revenus bien vite.
Musique en tête et coeurs contents,
"Mon cousin, hâtez votre fuite !"
Les rois sont partis pour longtemps.

Plus de tyrans bons ou superbes !
Valent-ils donc la liberté ?
Laissons pousser les hautes herbes
Dans leurs palais inhabités.
Et vous, belles artilleries,
Escadrons, fantassins, spahis,
Vous n'êtes plus aux Tuileries,
Vous êtes à votre pays !

Le monde enfin voit luire une ère
Que dès longtemps nous prédisions ;
La république, notre mère,
De ses yeux emplis de rayons,
A la liberté nous convie,
A la douce fraternité :
C'est le ciel même en cette vie,
En attendant l'éternité.

L'Internationale d'Eugène Pottier 1871

écrite au début sur l'air de la Marseillaise

Debout ! les damnés de la terre
Debout ! les forçats de la faim
La raison tonne à son cratère :
C'est l'éruption de la fin
Du passé faisons table rase
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

C'est la lutte finale
Groupons-nous et demain
L'Internationale
Sera le genre humain.

Il n'est pas de sauveurs suprêmes :
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l'esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer tant qu'il est chaud !

L'Etat opprime et la loi triche ;
L'impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s'impose au riche ;
Le droit du pauvre est un mot creux.
C'est assez languir en tutelle,
L'égalité veut d'autres lois ;
"Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Egaux, pas de devoirs sans droits !"

Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffre-forts de la bande
Ce qu'il a créé s'est fondu.
En décrétant qu'on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

Les rois nous saoulaient de fumées.
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l'air et rompons les rangs !
S'ils s'obstinent, ces cannibales,
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n'appartient qu'aux hommes,
L'oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaisssent,
Le soleil brillera toujours !

La Marseillaise agricole

de F. de Neufchâteau en 1798

Allons amis du labourage,
poussez le soc avec vigueur ;
Charmez les soins de votre ouvrage
Par un chant qui parte au coeur.
Du sein de la moisson naissante,
A vos besoins l'espoir sourit ;
Et sous vos mains partout fleurit
La campagne reconnaissante.

Aux armes, laboureurs !
prenez votre aiguillon ;
Marchez ! marchez !
qu'un vent docile
ouvre un large sillon.

Vous n'allez plus à la corvée
Vous épuiser pour un seigneur ;
La gerbe n'est plus enlevée,
Sous vos yeux par un exacteur.
La charrue aux yeux de la France,
Aujourd'hui remise en honneur,
Vous assure avec le bonheur,
La véritable indépendance.

La Marseillaise de la revanche

de Gambetta en 1871

Les vautours du Rhin sur la France
Se sont rués pour la ronger ;
Ivres de sanglante démence,
Ils sont venus la ravager,
En faire un noir champ de carnage !
Mais dans nos coeurs français vibrants
Ils ont allumé les brigands
Un feu de vengeance et de rage.

Patience, français,
le revanche viendra.
Prussiens, prussiens,
soldats bandits,
votre sang coulera.

Nous vengerons notre Patrie,
Nous brûlerons votre Berlin,
Ce repaire de tyrannie
Où boit Guillaume l'assassin.
Et nos zouaves sur les trônes
De vos ducs-soudards s'assoiront
vous troupeaux de uhlans fuiront
Aux seuls aspects de nos colonnes !

La Marseillaise de la paix de Lamartine (1848)

Roule libre et superbe entre tes larges rives
Rhin, Nil de l'occident, coupe des nations !
Et des peuples assis qui boivent tes eaux vives,
Emporte les défis et les ambitions !

Il ne tachera plus le cristal de ton onde,
Le sang rouge du Franc, le sang bleu du Germain ;
Ils ne crouleront plus sous le caisson qui gronde,
Ces ponts qu'un peuple à l'autre étend comme une main.

Roule libre et splendide à travers nos ruines,
Fleuve d'Arminius, du Gaulois, du Germain !
Charlemagne et César, campés sur tes collines,
T'ont bu sans t'épuiser dans le creux de leur main.

Roule libre et paisible entre ces fortes races
Dont ton flot frémissant trempa l'âme et l'acier ;
Et que leur vieux courroux, dans le lit que tu traces
Fonde au soleil du siècle avec l'eau du glacier !

Roule libre, et bénis ces deux sangs dans ta course ;
Souviens-toi pour eux tous de la main d'où tu sors
L'aigle et le fier taureau boivent l'onde à ta source ;
Que l'homme approche l'homme, et qu'il boive aux deux bords.

Roule libre, et grossis tes ondes printanières,
pour écumer d'ivresse autour de tes roseaux ;
Et que les sept couleurs qui teignent nos bannières,
Arc-en-ciel de la paix, serpentent dans tes eaux !

Et pourquoi nous haïr, et mettre entre les races
Ces bornes ou ces eaux qu'abhorre l'oeil de dieu ?
De frontières au ciel voyons-nous quelques traces ?
Sa voûte a-t-elle un mur, une borne, un milieu ?
Nations, mot pompeux pour dire barbarie,
L'amour s'arrête-t-il où s'arrêtent vos pas ?
Déchirez ces drapeaux : une autre voix vous crie :
"L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie ;
La fraternité n'en a pas !"
Roule libre et royal entre nous tous, ô fleuve !
Et ne t'informe pas, dans ton corps fécondant,
Si ceux que ton flot porte ou que ton urne abreuve
Regardent sur tes bords l'aurore ou l'occident.
Ce ne sont plus des mers, des degrés, des rivières
Qui bornent l'héritage entre l'humanité :
Les bornes des esprits sont leurs seules frontières ;
Le monde en s'éclairant s'élève à l'unité.
Ma patrie est partout où rayonne la France,
Où son génie éclate aux regards éblouis !
Chacun est du climat de son intelligence ;
Je suis concitoyen de toute âme qui pense :
La vérité, c'est mon pays. ...

La Strasbourgeoise (1870)

ou l'Enfant de Strasbourg
ou encore la Mendiante de Strasbourg

Petit papa voici la mi-carême,
Car te voilà déguisé en soldat
Petit papa dis-moi si c'est pour rire,
Ou pour faire peur aux tout petits enfants.

Non mon enfant je pars pour la patrie,
C'est un devoir où tous les papas s'en vont,
Embrasse-moi petite fille chérie,
Je rentrerai bien vite à la maison.

Dis-moi maman quelle est cette médaille,
Et cette lettre qu'apporte le facteur,
Dis-moi maman tu pleures et tu défailles
Ils ont tué petit père adoré.

Oui mon enfant ils ont tué ton père,
Pleure avec moi car nous les haïssons,
Ces guerres atroces qui font pleurer les mères,
Et tuent les pères des petits anges blonds.

La neige tombe aux portes de la ville,
Là est assise une enfant de Strasbourg.
Elle reste là malgré le froid, la bise,
Elle reste là malgré le froid du jour.

Un homme passe, à la fillette donne.
Elle reconnaît l'uniforme allemand.
Elle refuse l'aumône qu'on lui donne,
A l'ennemi elle dit bien fièrement.

Gardez votre or je garde ma souffrance,
Soldat prussien passez votre chemin.
Moi je ne suis qu'une enfant de la France,
A l'ennemi je ne tends pas la main.

Tout en priant sous cette cathédrale,
Ma mère est morte sous ce porche écroulé.
Frappée à mort par l'une de vos balles,
Frappée à mort par l'un de vos boulets.

Mon père est mort sur vos champs de bataille,
Je n'ai pas vu l'ombre de son cercueil.
Frappé à mort par l'une de vos balles,
C'est la raison de ma robe de deuil.

Vous avez eu l'Alsace et la Lorraine,
Vous avez eu des millions d'étrangers,
Vous avez eu Germanie et Bohème,
Mais mon p'tit coeur vous ne l'aurez jamais,
Mais mon p'tit coeur il restera français.

Lux de Victor Hugo dans les châtiments

Temps futurs ! vision sublime !
Les peuples sont hors de l'abîme.
Le désert morne est traversé.
Après les sables, la pelouse ;
Et la terre est comme une épouse,
Et l'homme est comme un fiancé !

Dès à présent l'oeil qui s'élève
Voit distinctement ce beau rêve
Qui sera le réel un jour ;
Car Dieu dénouera toute chaîne,
Car le passé s'appelle haine
Et l'avenir se nomme amour !

Dès à présent dans nos misères
Germe l'hymen des peuples frères ;
Volant sur nos sombres rameaux,
Comme un frelon que l'aube éveille,
Le progrès, ténébreuse abeille,
Fait du bonheur avec nos maux.

Oh ! voyez ! la nuit se dissipe.
Sur le monde qui s'émancipe,
Oubliant Césars et Capets,
Et sur les nations nubiles,
S'ouvrent dans l'azur, immobiles,
Les vastes ailes de la paix !

O libre France enfin surgie !
O robe blanche après l'orgie !
O triomphe après les douleurs !
Le travail bruit dans les forges,
Le ciel rit, et les rouges-gorges
Chantent dans l'aubépine en fleurs !

La rouille mord les hallebardes,
De vos canons, de vos bombardes
Il ne reste pas un morceau
Qui soit assez grand, capitaines,
Pour qu'on puisse prendre aux fontaines
De quoi faire boire un oiseau.

Les rancunes sont effacées ;
Tous les coeurs, toutes les pensées
Qu'anime le même dessein,
Ne font plus qu'un faisceau superbe ;
Dieu prend pour lier cette gerbe
La vieille corde du tocsin.

Au fond des cieux un point scintille.
Regardez, il grandit, il brille,
Il approche, énorme et vermeil.
O République universelle,
Tu n'es encor que l'étincelle,
Demain tu seras le soleil !...

Mais voici ce que disait Victor Hugo au lendemain de la défaite de Sedan contre la Prusse et l'annexion de l'Alsace et de la Moselle :
"Que toutes les communes se lèvent ! Que toutes les campagnes prennent feu ! Que toutes les forêts s'emplissent de voix tonnantes ! Tocsin ! tocsin ! que de chaque maison il parte un soldat ; que le faubourg devienne régiment ; que la ville se fasse armée. Les prussiens sont huit cent mille, vous êtes quarante millions d'hommes. [...] O citoyens dans les cailloux du chemin, ce que vous leur jetez à la face, c'est la patrie."

Vign_fleurus
La victoire de Fleurus le 26 juin 1794
Vign_1830
Les trois Glorieuses (27, 28, 29 juillet 1830)
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La Révolution de 1848
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"Le nationalisme c'est la guerre" (F. Mitterrand)